Jour 4
Hier j'ai séché le DS de physique et je me suis sentie... libre ! Détachée de toute cette pression liée aux révisions, cette pression de ne pas me sentir à ma place, pas assez bonne ou pas assez réactive à côté des autres. J'ai dit que la prépa m'avait appris à ne plus accorder autant d'importance au regard des autres mais c'est faux, j'ai même l'impression que c'est le contraire. Je me sens constamment plus nulle ou moins bosseuse face aux autres, alors que j'ai envie d'être la meilleure. Je n'arrive pas à accepter l'échec alors que clairement il faudrait, cela m'aiderait à relativiser, à prendre du recul et même à voir tout le bénéfice de cette expérience parce que même si j'ai envie de tout mon cœur que ça s'arrête je sais qu'il y a forcément du bon dans la prépa et que tout n'est pas à jeter.
Je suis constamment tournée vers le passé, nostalgique comme dirait Elliot. Il a raison mais... comment ne pas l'être ? Depuis que j'ai quitté le lycée ma vie quotidienne s'est transformée en enfer (heureusement pas toute ma vie) et je croule sans arrêt sous la pression, le stress, je n'arrive plus à avancer sans avoir peur du futur. Que va-t-il se passer ? Pourquoi ça m'importe autant ? Parfois je rêve de redevenir celle que j'étais au lycée, je rêve d'ailleurs, je rêve de sortir, de voyage, d'aller au restaurant, de flirter avec des mecs... Je rêve de nouvelles odeurs, de parfums, de souvenirs, je rêve de rêver à nouveau. Je sais que j'arrive au bout mais ça ne me réjouis pas vraiment, parce que j'ai peur de ce qu'il y a derrière. Quoique ce soit ma vie va changer, mon environnement, je vais rencontrer de nouvelles personnes, avoir de nouveaux amis et cela ne me déplaît pas forcément. Non, ce qui me fait peur c'est de devenir adulte, de ne plus jamais pourvoir lâcher les rênes de ma vie cinq secondes. Quand je monte un cheval plus difficile j'ai toujours mal aux mains après, elles sont tiraillées car j'essaye de m'imposer en tirant sur les rênes. Sauf que voilà, j'ai peur que chaque année qui s'écoule ne soit qu'un cheval encore et encore plus difficile. Mes mains ne seront pas capables de tenir jusqu'au bout. Alors peut-être que ça a du bon de ne pas chercher à ralentir, comme tout à l'heure avec Réal où j'ai du faire preuve de lâcher prise même quand j'avais peur qu'elle m'embarque dans le parcours. Parce qu'au final, moins je cherchais à la ralentir mieux ça se passait. Mais je ne veux plus être spectatrice de ma vie, je veux en devenir l'actrice, avoir le premier rôle. Et pourtant j'ai l'impression que la prépa ne m'offre qu'une place aux premières loges.
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